Présentation

La famille

 

 

 

 

 

 

La handleuse : Stéphanie, 33 ans, travaille dans une collectivité territoriale, ancienne athlète (triple saut).

 

elouan

Elouan, futur musher  



ANAELE

Anaële, future musheuse


 








 

 

Le musher : Michael, 32 ans, prof d'EPS, ancien athlète (saut en hauteur), pratique la montagne sous toutes ses formes (traîneau alpinisme, rando...)

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Bonne lecture...

"Si un homme tombe, c'est qu'une femme l'a poussé..."


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La semaine dernière nous avons participé à la Trans-Thüringia. Cette course de 265km se déroule dans le centre de l'Allemagne, dans la région du Thüringen. Nous étions 5 mushers de notre club (le CMB) à participer à cette course. Voici la vidéo que j'ai faite pour le site du club, elle présente notre séjour.
 
 
Voici mon compte-rendu étape par étape:
Je participe dans la catégorie LT1 : je cours en 4 chiens, mais dispose d'un pool de 5 chiens que je peux faire tourner tout au long de la course.
 
Dimanche 12/02/2012: Etape 1 (40km)
Après plus d'une journée passée dans la remorque, les chiens ont envie de se dégourdir les pattes. Il fait froid (-17°C en arrivant le samedi après-midi), la neige est très dure, ce sont des conditions idéales pour les chiens. L'attelage est composé de Hudson, Quimiaq, Engalik et ushuayak. Quiqui vient de déclencher ses chaleurs, au pire moment de la saison. La semaine s'annonce donc difficile avec une femelle en chaleur au milieu de 3 mâles...
Les chiens partent vite, j'essaie de les freiner pour ne pas qu'ils se grillent, mais les chiens relancent sans cesse. Je cours dans les montées pour alléger au maximum la charge qu'ils ont à tirer. Quiqui fait de nombreuses snowballs (boules de neige collées sous la pattes), m'obligeant à m'arrêter souvent pour les lui enlever. J'ai bien sûr oublié de couper les poils sous ses pattes et la graisse à traire à la remorque. Nous perdons facilement 5 minutes lors de ces arrêts, mais vu la longueur de la course, ce n'est pas un problème.
 J'ai prévu de "snacker" (ravitaillement pour les chiens) au bout de 2 heures de course, mais à ce moment-là, alors que j'en suis déjà à plus de 30km de course, les chiens sont toujours en train de relancer. Je décide donc de ne pas snacker. La dernière partie de course est une longue montée de 3km assez soutenue. Je fais toute cette partie en courant, je suis en forme, rattrapant même l'attelage de Huskies qui m'avait doublé dans la première partie de course. Les chiens terminent l'étape au galop, nous franchissons la ligne après 2h47min de course. 
Le soir, après avoir examiner les résultats de l'étape, je me pose des questions : J'ai été rapide, (trop rapide?). J'ai peur que les chiens se soient grillés. C'est notre première course à étape, nous ne savons pas comment nous allons  réagir (les chiens et moi-même) à l'enchainement des étapes et des kilomètres. Je relègue le second attelage de Groenlandais à plus de 10 minutes.
 
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Lundi 13/02/2012: Etape 2 et 3 (2x25km)
Cette journée s'annonce longue puisque 2 étapes de 25km auront lieu dont une en partie de nuit. Il ne faut donc pas se tromper sur la nourriture des chiens, leur hydratation, afin qu'ils ne prennent pas un coup de barre en plein milieu d'une étape.
Etape 2: La piste est toujours aussi dure, je décide de ralentir au maximum les chiens surtout dans les premiers kilomètres. L'attelage de groenlandais partis 2 min derrière moi me rattrape dans les 3 premiers kilomètres. Rolf pousse ses chiens pour qu'ils reviennent sur moi puis se met sur mon porte-bagage et me laisse faire le boulot. Il ne veut pas doubler. Pas de problème, je sais (en toute modestie) que nous allons le lâcher dans une montée. Première phase de montée, je cours un maximum afin que les chiens gardent leur trot, je fais le trou. Je m'apercois qu'une fois le trou fais, les chiens de Rolf ne travaillent plus comme lorsqu'ils ont quelqu'un en ligne de mire. Nous finissons l'étape sans encombre en 1h51min, avec plus de 6 min d'avance sur Rolf. Quiqui ne fait plus de snowballs (on lui a coupé les poils), mais refuse de prendre le galop se faisant tirer au collier, ce qui ne lui ressemble pas. Est-elle perturbée par ses chaleurs?
Etape 3: Cette étape est la même que celle du matin. On part aux environs de 18 heures. Les chiens sont bien, surtout lorsque tombe la nuit. Je suis dans le trafic : les attelages de huskies me rattrapant et me doublant avant d'attaquer la première phase de montée. Le problème, c'est que je monte plus vite qu'eux, leurs lignes sont détendues. Je redouble et je creuse l'écart lors de la montée. Les huskies me redoublent lorsque la piste devient plate en me signifiant avec leur pouce levé suivi d'un "very good groenland dog". Si bien qu'à chaque montée ils me laissent les redoubler pour les emmener au sommet. Au sommet, ils m'invitent à les suivre, mais le rythme est trop rapide pour mes chiens et je ne peux rester derrière eux que quelques centaines de mètres. L'ambiance de nuit est superbe, c'est l'étape que je préfère. Je suis inquiet pour Quiqui qui refuse toujours de prendre le galop, et qui provoque des emmelages à éviter puisqu'elle est en chaleur... Nous terminons l'étape en 2h00 avec 3min d'avance sur Rolf. Le soir, les chiens mangent bien, les Groenlandais n'ont pas ce problème qu'ont les huskies de ne pas manger lorsqu'ils sont en course. Ils sont en forme, prêts pour l'étape du lendemain.
 
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Mardi 14/02/2012 : Etape 4 (40km)
C'est la dernière étape qui se déroule sur le site de Neustadt am Rennsteig. C'est la même étape que celle de dimanche. Je suis toujours inquiet pour Quiqui. Je manipule ses pattes pour observer un éventuel problème, mais rien ne se précise. La piste est toujours aussi dure. A 30 minutes du départ, je décide de mettre Quiqui au repos et de prendre Klondike. Malgré son problème à la patte, et comme la piste est bien dure, je sais qu'elle tiendra le choc. Cela mettra un peu de calme au milieu de l'attelage. Cela me fait vraiment plaisir de reprendre Klondike. C'est ma chienne de tête, celle en qui j'ai confiance, et sur qui je peux compter dans les moments difficiles. Les premiers kilomètres me confirment dans mon choix de Klondike en tête. Elle relance sans cesse, et prenant le moindre faux-plat descendant au grand galop. A cette vitesse, je sais que Rolf ne peut pas revenir sur moi. A certains moments, la piste permet de calculer les écarts entre conccurrents. Rolf maintient l'écart, voire perd un peu de temps. Je poursuit mon étape serein. Je snacke cette fois au bout de 2 heures de course. 5 minutes après, je suis surpris de voir Rolf revenir - grâce à l'aide des huskies que ses chiens adorent chasser. Il se cale derrière moi, et laisse faire mes chiens. Je baisse le rythme, et le laisse m'accrocher. Les chiens continuent à un rythme pépère. Je sais qu'il y a la fameuse montée raide à 3 kilomètres de l'arrivée. Je tenterai de faire le trou dans cette côte.
La côte commence dans un virage en fin de descente, c'est un peu comme l'ascension de l'Alpe d'Huez pour le tour de France, au premier virage, les grimpeurs attaquent. Je relance mes chiens dès le début de la côte, courant derrière le traineau. Les chiens comprennent que l'on change de rythme, Hudson et Engalik font un travail de dingue. Je creuse l'écart petit à petit. Rolf pousse ses chiens, crie, court, mais n'arrive pas à suivre le rythme imposé par les miens. Je suis en forme pour courir derrière les chiens, mais là je suis dans le rouge. Il est temps que l'étape se termine. Les chiens en ont encore dans les pattes puisqu'ils terminent au galop le dernier faux-plat montant jusqu'à l'arrivée. Dans ces 3 derniers kilomètres, je reprend 3 min à Rolf. Je finis l'étape en 3h02.  Les chiens peuvent désormais se reposer une journée complète, puisque la suite de la course se déroulera sur un nouveau parcours à 8 kilomètres de Neustadt à Masserberg à partir de jeudi.  
Le soir un super feu de camp permettra de faire connaissance avec Rolf, qui a bien compris mon petit jeu mais qui ne s'avoue pas vaincu.
 
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Jeudi 16/02/2012 : Etape 5 (42km)
Première étape sur le nouveau site. Il parait que la piste est moins vallonnée. La neige est molle, donc la piste moins rapide. Je pars 2 minutes derrière Rolf que je rattrape au 4ème kilomètre. Ses chiens ne sont pas en grande forme en ce début d'étape. Il n'arrive pas à m'accrocher. Je suis donc tranquille pour faire cette étape à un rythme soutenu mais sans griller les chiens. Quimiaq a repris sa place dans l'attelage. Elle reprend les descentes au galop. Ces 2 jours de repos lui ont fait du bien. Elle devait certainement avoir mal aux pattes pour se comporter de la sorte. Le paysage est magnifique, on se croirait dans le Grand Nord. Je snacke au bout de 2 heures de course comme lors de l'étape précédente. Le problème c'est que lorsque j'ouvre une barre energétique pour moi, les 4 chiens se retournent pour voir si je snacke pas. Dès que je touche un sachet plastique, idem. Il faut que je change ma technique pour snacker car sinon ils se retourneront à chaque fois qu'ils entendront un bruit suspect. Les chiens sont toujours en forme, nous finissons l'étape en 3h25 avec 6 min d'avance sur Rolf. Les choses sont pliées. Rolf ne pourra plus revenir à moins d'un incident de parcours. Il reste 100km à effectuer et j'ai plus de 30min d'avance sur lui.
 
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Vendredi 17/02/2012 : Etape 6 (42km)
Très mauvaise nuit. Je n'ai pas fermé l'oeil. Des problèmes gastriques me font envisager un moment l'abandon. Je ne suis vraiment pas en forme, je ne mange pas. Je prends néanmoins le départ, en laissant travailler les chiens au maximum, il m'est impossible de courir pour les aider. Je peux au mieux les aider en patinant. La piste est plus dure, ce qui faciilte le travail des chiens. Ils sont en forme et ont bien récupéré de l'étape de la veille. Je finis l'étape au bivouac en 3h21. Le soir, je me force à manger un soupe de haricots rouges (je déteste ça), mais la forme n'est toujours pas au rendez-vous. Heureusement, l'ambiance et l'entraide entre mushers Français est super sympa.
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Samedi 18/02/2012 : Etape 7 (45km)
J'ai bien dormi!!!! cela fait des semaines que je n'ai pas dormi comme ça. Je n'ai même pas entendu Franck se coucher dans la tente. A 22h50, les chiens font les loups ce qui me reveille. J'annonce déjà que j'ai bien dormi à Franck ! Le reste de la nuit je dormirai comme un bébé.
Le matin, je suis donc en forme pour prendre le départ et pressé d'en finir avec cette étape qui s'annonce difficile puisque la même que les 2 précédentes. Les chiens sont toujours en forme, aucun problème de leur côté. Nous nous déplaçons à leur rythme de randonnée comme la veille. Rolf profite d'un attelage de Huskies pour revenir sur moi. Il reste comme à son habitude derrière moi. Je lui propose qu'on fasse route commune. Ses chiens sont crevés, ils ne sont plus concentrés. Il me remercie de l'attendre par moment lorsque ses chiens décrochent. Je reste avec lui jusqu'en haut de la dernière côte m'arrêtant de temps en temps pour qu'il recolle. On finit cette étape en 3h35.
 
Bilan:
Rude bataille lors des premières étapes avec Rolf. Ce fut un conccurrent sérieux. Je finis 6ème au général et 1er attelage de Groenlandais. Les 5 attelages de huskies situés devant moi étaient beaucoup trop forts pour espérer les accrocher sur toute une semaine de course. Je cours beaucoup pour aider les chiens, mais ce n'est rien par rapport aux 3 premiers attelages de huskies de ma catégorie. Leurs mushers prenaient un sac à dos pour alléger au maximum le traîneau... Ainsi, le premier en 4 chiens est plus rapide que le premier de la catégorie 7 chiens ! nous finissons donc loin du podium (3heures sur 256km), mais l'objectif reste atteint : finir la course.
Nous avons énormément appris lors de cette course notamment sur le rythme à faire adopter aux chiens. Ce type de course correspond à ce que j'aime dans le mushing. On ne stresse pas les chiens, on ne les pousse pas sans cesse à aller plus vite, on reste silencieux, on admire le paysage et on laisse bosser les chiens. Cela s'apparente aux randonnées.
Les chiens m'ont surpris positivement. Ils n'ont jamais eu de coup de bambou comme ils peuvent avoir dans des courses moyenne-distance d'un week-end. Certains ont confirmé tout le bien que je pensai d'eux. Hudson en tout premier : ce chien est vraiment une machine à courir et à relancer. Engalik, est un monstre de la nature, un wheel d'une puissance exceptionnelle. Ces 2 chiens ont particulièrement été apprécié par Rolf et une éleveuse Allemande qui m'a énormément posé de questions sur leur compte. Ushuayak a quant à lui montré ses limites. Pas en endurance, mais en vitesse. Quand Engalik et Hudson vont grand trot, il a du mal à tirer surtout quand il est fatigué. Quimiaq, quant à elle, est un tracteur. Ce n'est pas la plus rapide, mais elle est très régulière et déploie une puissance conséquente pour son gabarit. Il ne me reste plus qu'à trouver son problème à la patte.
Une petit mention spéciale à Quiqui et Hudson qui ont été géniaux en tête. Pas une fois ils m'ont mis en galère. Ils arrivent peu à peu à me faire oublier la télécommande Klondike. Quiqui s'est bien comportée malgré ses chaleurs, même si ce fut très tendu par moment. Quant à Klondike, elle a parfaitement assumé son rôle de joker de luxe.
 
La saison n'est pas terminée, puisque l'on repart jeudi pour les Championnats d'Europe Moyenne Distance qui se dérouleront en Suisse à Gryon. Mes chiens sont en super forme, mais sauront-ils faire la différence de rythme entre une course d'une semaine avec 40km par manche et une course  de 3 jours avec 20km par étape? Réponse la semaine prochaine.
 
 
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